Interview Juliette MEY - mezzo-soprano, Promotion GO2022

Juliette est l'une des benjamines de la promotion Génération Opéra 2022. Découvrez ici son parcours déjà bien rempli.

Juliette MEY - mezzo-soprano
Génération Opéra — 

Peux-tu présenter ton parcours ? Et comment as-tu pris le chemin de l’opéra et de la musique de manière plus générale ?

Juliette MEY — 

Je suis rentrée en classes à horaires aménagés au conservatoire de Toulouse à l’âge de 7 ans, j’ai commencé à apprendre le violoncelle. J’ai ensuite débuté un long cursus à la maîtrise du conservatoire de Toulouse. La maîtrise a été une expérience extrêmement  enrichissante, j’y ai découvert le merveilleux répertoire choral, allant de la renaissance aux créations contemporaines, baigné dans une énergie musicale formidable en chantant plus de 7h par semaine en chœur, et découvert les concerts. Le principe de cette maîtrise est la transmission, les plus âgés apprennent aux plus jeunes. Faire tout un cursus dans ce principe, et donc passer de la position du jeune à qui on transmet à celui qui transmet, est formidable et valorisant pour des enfants de 11 à 18 ans. 

En 2015 j’ai rencontré ma professeure Léa Pasquel. Nous avons commencé à travailler ma voix dans une perspective soliste et non plus choriste. J’ai commencé assez jeune pour une chanteuse donc je n’osais pas vraiment me projeter professionnellement dans le chant, mais au fil des années son enseignement, qui a tout de suite été une évidence pour moi, m’a laissé envisager d’en faire un jour mon métier. J’ai alors décidé de passer le concours du CNSM et j’y suis rentrée en 2021. 

Quel rôle t’a le plus marqué jusqu’à présent ?

Chérubin est un rôle pour lequel j’ai énormément d’affection et que j’ai très hâte d’incarner. Tant pour le personnage que pour la musique de Mozart que j’adore chanter. "Voi che sapete" est le premier air que ma professeure m’ait fait travailler, et que j’ai chanté en audition. C’est grâce à cet air que j’ai suivi le chemin de l’Opéra, et j’espère que Chérubin m’accompagnera sur le chemin de la scène. 

Un autre rôle que j’ai rêvé de chanter depuis longtemps est Cenerentola, je suis très à l’aise dans ce rôle, tant vocalement que dans la psychologie du personnage. Je m’amuse tellement à chanter la musique de Rossini. J’attends avec impatience mes premiers pas sur scène en Cenerentola et j’espère que ce rôle me suivra longtemps. 

 Quel est ton plus grand rêve dans ce métier?

Évidemment je rêve de fouler les planches des grandes maisons d’Opéra. 

Mais disons plutôt mon but que mon rêve : Chanter toujours avec la meilleure qualité de son possible, et toujours mettre ma voix et mon art au service de la musique et du compositeur. Ce sont des valeurs qui m’ont été transmises par ma professeure et qui résument l’essentiel du chant selon moi. Sans ces paramètres, le plaisir de chanter n’est pas total.

Comment prends-tu soin de ta voix au quotidien ? As-tu des rituels avant de monter sur scène ?

Prendre soin de ma voix et de mon corps est essentiel, j’ai une hygiène de vie adaptée à ma voix, je bois beaucoup d’eau, je dors suffisamment et je ne chante jamais sans avoir chauffé ma voix au préalable. J’ai également toujours en tête la liste des règles de vie dictées à Christa Ludwig par sa mère, énumérées dans son livre : "Ma voix et moi". Ce sont des conseils sur l’entretien de la voix, mais surtout sur la vie et sur la carrière de chanteuse en général. "Autant que possible ne jamais chanter lorsque l’on n’est pas en voix" ce conseil est important selon moi, il faut apprendre à savoir quand on a trop chanté et quand il vaut mieux laisser sa voix reposer et faire du travail sur table. Ce n’est pas toujours facile, surtout pour moi qui ai tendance à vouloir chanter beaucoup, même malade, car je trépigne et culpabilise quand je ne chante pas. Mais une fois que ce conseil est compris, il n’y a plus de culpabilité possible.

Avant de monter sur scène j’aime prendre mon temps, généralement j’arrive 2h avant la représentation, pour m’installer dans les loges, revoir mes partitions, me maquiller et m’habiller pour rentrer dans le personnage, et avant d’entrer sur scène je fais de la cohérence cardiaque. 

 Quels sont tes loisirs en dehors de ton métier ?

J’aime changer d’air, je fais dès que je peux de la randonnée dans les Pyrénées et les Cévennes. Les paysages servent mon imaginaire dans la mélodie et le lied.

Quelles sont tes dernières découvertes culturelles ?

J’ai récemment découvert la musique d’Augusta Holmès que j’apprécie beaucoup.

Quels sont tes prochains projets

Je participerai cet été à l’Académie du Festival d’Aix en Provence, et je ferai mes débuts dans le Rôle de Cenerentola dans une production réadaptée en français et participative au TCE en janvier prochain qui sera reprise à Rouen et à Bordeaux.